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A l’occasion des représentation de L‘Amant d’Harold Pinter à l’Aktéon Théâtre dés le 26 Mars découvrez l’interview croisé de Jules Lecointe et d’Aïda Hamri, les deux interprètes de la pièce.

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Présentez Vous ? Quels sont les mots qui vous définissent le mieux.

Aïda Hamri : […] 24 ans, après une licence de Lettres Modernes je décide de me consacrer au théâtre et à la scène. Je fais actuellement partie de deux compagnies : la compagnie « Comme c’est bizarre » et la compagnie du «  Cerf-volant ». Je continue ma formation au Studio Muller, dirigé par Jocelyn Muller. Les mots qui me définissent ? Spontanéité, Energie et brin de folie !

Jules Lecointe : Jules, 28 ans, comédien, ex contrôleur de gestion. Curieux, sensible, audacieux.

Pouvez-vous retracer les grandes lignes du parcours qui vous a amené sur les planches ?

Aïda Hamri : Passionnée de théâtre, j’ai d’abord commencé par des cours amateurs avant de rejoindre le Studio Muller, école professionnelle de théâtre. Ma rencontre avec ma professeur et metteur en scène Cathy Guillemin au Cour Clément fut décisive. Avec l’ambition de se professionnaliser et de jouer sur les scènes parisiennes, j’ai rejoins sa compagnie «  Comme c’est bizarre » en 2013, nous avons joué Marie Tudor de Victor Hugo que nous avons présenté au festival OFF d’Avignon 2014. C’est donc tout naturellement vers Cathy Guillemin que nous nous sommes tournés avec Jules pour mettre en scène L’Amant.

Jules Lecointe : Une rencontre dans une association de café théâtre en école de commerce m’a conforté dans l’idée que jouer me plaisait plus que tout. J’ai enchaîné avec une pratique amateur aux Cours Cléments, qui s’est professionnalisée grâce à Cathy Guillemin, ancienne professeur de ces cours qui nous a donné sa confiance et nous a permis de nous produire et de jouer sur de plus longues durées.

Cette Passion pour le Théâtre, comment vous est-elle-venue ?

Aïda Hamri : Lorsque j’étais enfant, je fréquentais un centre de quartier qui organisait des sorties culturelles. A six ans, j’ai eu l’occasion de découvrir pour la première fois un théâtre. Le théâtre Jean Villar de Vitry sur Seine nous a ouvert ses portes le temps d’une journée : coulisse, loges, régie, plateau, techniciens, costumes, décors…mes yeux d’enfant fut émerveillés par toute cette magie, l’immensité de ce lieu que l’on appelait théâtre. Le soir même j’assistais à une représentation de la comédie musicale, Starmania. Je sus alors que moi aussi je voulais être sous les projecteurs.

Jules Lecointe : L’un de mes premiers souvenirs remonte à une pièce vue au collège, Le Songe d’une nuit d’été. L’un des comédiens m’a profondément marqué par sa générosité, le plaisir qu’il avait à jouer était palpable. A ce moment là, je me suis dit que je voulais être à sa place.

Si vous deviez donner une définition au Théâtre, qu’elle serait-elle ?

Aïda Hamri : Je l’emprunte à Louis Jouvet  » Condamnés à expliquer le mystère de leur vie, les hommes ont inventé le théâtre qui pour un instant semble nous promettre le secret du monde ; il abolit le temps et l’espace, il peut enfermer l’éternité dans une heure ou étendre une heure jusqu’à l’éternité. « 

Jules Lecointe : En tant que comédien, je dirais simplement le plaisir dans l’exigence. Et au risque de ne pas être très original, j’aime beaucoup cette phrase de Louis Jouvet “Le théâtre rend aux hommes la tendresse humaine.”

Comment est né le Projet « L’Amant » d’Harold Pinter, que vous présentez au Public du Théâtre de l’Aktéon ?

Aïda Hamri : Il est né de la rencontre avec mon partenaire de jeu Jules et de la découverte de cette pièce. La subtilité de l’écriture de Pinter et les enjeux de l’Amant nous ont séduit. Nous avons eu envie de jouer ensemble une pièce qui avec une écriture très ciselée, très musicale. A la première lecture de l’Amant, ce fut une évidence.

Jules Lecointe : Le projet est né avant tout d’une rencontre, avec ma partenaire Aïda. Nous avons eu tous les deux un coup de cœur pour ce texte que nous voulions défendre ensemble.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le texte de la pièce ?

Aïda Hamri : L’Amant est une pièce d’acteurs. L’écriture tout en finesse de Pinter qui laisse place à jeu multiple, où une palette d’émotion peut se dessiner et prendre place sur scène, est ce qui m’a principalement séduit. Il s’agit pour ce couple de se travestir pour mieux échapper au réel, de magnifier son quotidien pour mieux le transcender. La douce folie de Sarah m’a particulièrement séduite, son refus de voir le monde tel qu’il est et de s’y confronter. Derrière la retenue et la pudeur, l’auteur nous invite à la démesure et c’est cela qui est également très jouissif à jouer pour un acteur. Cette écriture subtile et contemporaine embarque sans aucun doute le spectateur dans une réflexion inévitable sur le couple et l’usure du couple, sans donner de réponse, il interroge.

Jules Lecointe : Conquis par la subtilité du texte, les différents registres et la richesse du rôle.

Pouvez-vous nous parler de votre rôle dans L’Amant ?

Aïda Hamri : Sarah est mariée à Richard depuis dix ans, couple bourgeois en apparence heureux, ils ont leur petit secret. Pour vivre et faire vivre leur amour, Richard et Sarah vont décider d’un jeu et de ses règles : deux à trois après-midis par semaine, Richard viendra voir Sarah dans leur maison sous les traits de Max, l’amant. L’amant et la maîtresse joueront tous les jeux de la séduction jusqu’à faire l’amour. Puis Max s’en ira, et Richard, le soir venu, rentrera, comme si de rien n’était. Sarah trouve un parfait équilibre depuis 10 ans dans cette double vie à laquelle elle ne veut absolument pas renoncer. Lorsque son amant et son mari décide de mettre fin à cette relation, tout bascule. A la fois mutine, douce, rebelle, manipulatrice, séductrice, dominatrice et soumise, c’est une femme aux multiples facettes qui intrigue.

Jules Lecointe : Richard est un bourgeois, cadre financier, qui mène une aventure extraconjugale avec sa propre femme. Il décide de mettre fin à cette double vie et pour cela, use de manipulation, d’intimidation et de séduction. Son évolution au cours de la pièce, de simples questions à propos de leur double vie au rejet total de celle-ci et sa schizophrénie sont des éléments cruciaux pour la compréhension de Richard.

La création étant un instant crucial, comment s’est-elle passée ? (Décors, mise en scène ….)

Aïda Hamri : L’amant est d’une modernité incontestable et le parti pris était de l’exprimer décor, les costumes, les lumières et le choix des musiques qui font parties intégrantes de la mise en scène. L’action se déroule en majorité dans un loft et, par un jeu de lumières, on bascule parfois dans un autre univers, intemporel, mais qui conserve toujours l’intimité des protagonistes. Les acteurs ont été dirigés de façon à être très naturels et pétillants, au départ, dans leur rapport de couple et beaucoup plus joueurs et sensuels dans leur rapport d’amants. Le rythme de la pièce est très important pour que le spectateur soit toujours plongé dans l’histoire, les silences habités, chargés de sens, sont un élément indispensable au jeu des comédiens. Par les différents éclairages, on retrace les ambiances matinales, les après-midis ensoleillés ainsi que les longues soirées d’été.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre partenaire ?

Jules Lecointe : Partenaire idéale, nous avons une réelle complicité. Elle est aussi un peu plus que ma partenaire de jeu ! [même réponse de la part d’Aïda … *Déborah rougit*]

Pouvez-vous nous parler de votre metteuse en scène ? Comment l’avez-vous rencontré ? Comment se passe votre collaboration ?

Jules Lecointe : Elle a eu un rôle déterminant dans notre progression et notre envie d’en faire notre métier. Elle nous a donné de la confiance et notre collaboration est très fructueuse. On se connait depuis plusieurs années et nous avons l’habitude de travailler ensemble.

Si vous deviez « pitcher » votre pièce en 140 caractères, comme sur Twitter, ce serait …. ?

Jules Lecointe : Derrière la promesse de sincérité et de transparence affichée, se cache un couple plus trouble qu’il n’y paraît. Une menace plane..

Quelles seront vos prochaines Dates ? A Paris ? En Province ?

Jules Lecointe : Aktéon théâtre les samedis et dimanches à 18h du 26 mars au 1er mai. Et quelques dates de tournée à Montpellier.

Avez-vous déjà d’autres projets pour l’avenir ?

Jules Lecointe : Oui, nous montons actuellement Le Diable en partage, Fabrice Melquiot avec la compagnie du Cerf Volant et je reprends Un air de famille A la folie théâtre en Juillet avec notre compagnie L’Heur du T.

Enfin quel est votre rêve le plus fou ?

Aïda Hamri : Jouer sur la scène de la cour d’honneur du Palais des Papes.

Jules Lecointe : Vivre de la comédie et jouer aux Bouffes du Nord.

Merci à Aïda Hamri et Jules Lecointe pour leur disponibilité et leur sens du Partage.


Vous pourrez les retrouvez sur scène Les samedis et dimanches du 26 mars au 1er mai 2016 à 18H au Théâtre de l’Aktéon (11 rue du Général Blaise 75011 Paris).

Et pour en savoir plus je vous conseil de lire l’article de Théatoile sur la Pièce :  L’amant un autre Je(u) et/ou du Théâtre Coté Cœur : L’Amant : Double Perversité

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