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Laissez-moi vous parler de la reprise au Théâtre Michel, depuis le 20 Janvier, de la pièce à Succès Coiffure et Confidences ; adaptation par Didier Caron de Steel Magnolias de Robert Harling, la pièce à l’origine du film Potins de Femmes avec Julia Roberts, Sally Field et Shirley MacLaine.

« Dans un charmant salon de coiffure de province, quelques clientes habituées du lieu se retrouvent et s’épanchent sur leur vie. Elles lâchent des confidences, s’amusent de leur parcours et… de leurs conjoints ! La joie et les rires sont contagieux chez « Thérèse Beauty ». Pourtant, toutes connaissent l’épreuve que leur amie Jeanne et sa fille Magalie traversent… »

D’emblée, décors, costumes, habillage sonore nous laissent voir une transposition très réussie du propos de l’histoire, dans la France des années 80, à Paimpol dans les Côtes-d’Armor. Au premier abord l’affiche nous donne l’impression d’une pièce très girly avec toutes ces femmes pimpantes et ce rose, mais c’est tellement plus que cela, que se serait dommage de passer à côté de ces histoires de femmes bouleversantes, qui font face à la vie avec passion et courage.

Toutes ont un caractère radicalement opposé, des vies totalement différentes, qui ne se croisent que dans ce salon de coiffure et de générations différentes. Laissez-moi vous présenter ces demoiselles … Il y a Thérèse (Marie-Hélène Lentini) la patronne du salon de coiffure délaissé par son mari greffé à la télé et à son canapé, Agnés (Sandrine Le Berre) la petite nouvelle naïve à souhait, Magalie (Léa François) jeune marié puis jeune maman, sa mère Jeanne (Anne Richard), le duo amie-ennemie : Claire (Isabelle Ferron) la bourgeoise du village – femme de l’ancien maire versus Odette (Brigitte Faure) la grande gueule gauchiste. Des femmes que, sur le papier, tout oppose, mais qui à la faveur de quelques heures par-ci par-là au salon de coiffure, vont développer une amitié indéfectible.

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Ces portraits de femmes, que dis-je cette galerie de personnages transgénérationnelle, toutes plus drôles les unes que les autres, doté d’une répartie à toutes épreuves, fait de chaque échange un morceau de drôlerie savoureuse, aussi cocasses qu’attendrissantes. C’est pourquoi on se prend rapidement d’affection pour ces drôles de dames, grâce à une interprétation sensible et touchante, qui nous fait rire aux larmes et mêmes parfois pleurer. Les instants de comédies, elles se querellent comme des gamines, plaisantent comme des amies ; alternent avec des intervalles plus profonds où le trouble et les émotions omniprésentes prennent l’ascendant sur la frivolité des précédents échanges. On découvre leurs rêves et leurs douleurs mais également le profond lien d’amitié qui les unit malgré tout et le front dans l’adversité.

L’écriture est finement ciselée, l’équilibre est brillamment maintenu entre chacune des comédiennes, aucune ne brille plus qu’une autre, même si Anne Richard dans son plaidoyer de mère m’a beaucoup émue et son chagrin et m’a fait monter les larmes aux yeux. La pièce est rythmée, non seulement par la radio, qui accompagne les ellipses des saisons en nous permettant grâce à certains marqueurs historiques, élection présidentielle, mort de Lady Di, … de replacer le cheminement de la pièce dans son contexte ; mais également par les retours fréquents de Magalie (Léa François) au bercail, jusqu’à ce qu’un événement tragique bouleverse tout ce petit monde, et nous aussi par la même occasion.

Au final de très beaux moments de vies dans une pièce tendre et émouvante, interprété avec brio par ces six merveilleuses actrices ; alors suivez mon conseil et profitez des prolongations pour courir voir la pièce.


pièce de Robert Harling
mise en scène : Dominique Guillo
avec : Marie-Hélène Lentini, Léa François, Anne Richard, Sandrine Le Berre, Isabelle Ferron, Brigitte Faure

du mercredi au samedi à 21h
matinées le samedi et dimanche à 16h15

au Théâtre Michel 38, rue des Mathurins 75008 PARIS

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