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A n’en pas douter la campagne qu’a menée Le Théâtre Coté Cœur pour nous faire connaitre Je marche dans la nuit par un chemin mauvais, d’Ahmed Madani, était plus que mérité.

Profitant de représentations à la Tempête, elle nous a entraînées sur son sillon, aux confins du Jardin des Plantes de Vincennes, pour découvrir cette œuvre à La Cartoucherie.

Le résumé le voici : « Suite à une violente dispute avec son père, Gus part pour trois mois chez son grand-père qui vit à la campagne. Deux mondes. Deux blocs. Trois générations. Qui tombera sous la coupe de l’autre ? Mais bientôt l’aïeul retrouve son passé dans les traits du jeune homme : Pierre a eu vingt ans en Algérie, pendant la guerre, et cache un lourd secret. Sur fond d’Histoire, l’accès à la tendresse d’un homme à la mémoire blessée et de son descendant qui découvre, auprès de lui, son inscription dans une lignée et sa place dans le Temps. » (Source : http://www.ahmedmadani.com/Je-marche-dans-la-nuit-par-un.html)

C’est une merveilleuse histoire de générations qui se heurtent et se découvrent, qui nous est contée. Un Magnifique huis clos à la fois drôle, tendre, grave et poignant entre un adolescent rebelle et son grand-père.

Gus, adolescent en rupture sociétale et familiale, prends cet exil à la campagne, dans un coin perdue, comme une punition ;  auprès d’un grand père autoritaire, qu’il ne connait a peine et auquel il se montre totalement et inutilement réfractaire à l’autorité. Quant à Pierre, le grand père, lui, il a oublié comment parler depuis la disparition de sa tendre épouse. Ainsi chacun va tenir tête à l’autre et il n’y en aura pas un pour rattraper l’autre … c’est que les deux sont fait du même bois dur, et leurs affrontement son épique.

Mais peu à peu les deux hommes vont réussir à nouer le dialogue, s’apprivoiser et panser leurs blessures. Gus un peu perdue dans ce monde où il ne trouve pas sa place, se sentant abandonner par son père, va trouver du sens dans cette histoire familiale que Pierre raconte en filigrane, celle d’une guerre qu’il  n’a connue qu’à travers les livres d’histoire. Mais qui chez son Grand Père ne s’est jamais véritablement achevé, lui qui près de 60 ans après souffre encore d’un Syndrome Post Traumatique due à cette Guerre d’Algérie.

C’est aussi une magnifique histoire d’amour intergénérationnelle entre ces deux êtres égarés dans la Nuit. En effet, se tisse une relation tendre et affectueuse entre Gus, qui trouve la paix et son grand père, Pierre qui se libère de son fardeau dans sa quête du pardon, en allant aux Racine de son mal.

Ici, tout est simple, et ce n’était pas pour me déplaire en effet J’ai aimé la sobriété des décors, la charpente, qui figure l’espace de la maison où tout est intime et en même temps tout est révélé ; quelques sommaires éléments de mobilier. C’est d’une Beauté simple et contemplative.

Remarquons également, les apartés des comédiens, qui sur un ton humoristique allège le propos de la pièce, tout en créant un rapport intime avec le spectateur.

Sans Oublier le jeu fin et délicat, fait de non-dits, de silences, de regards, de gestes infimes à peine esquissés, des deux comédiens particulièrement complices : Yves Graffrey et Vincent Dedienne.

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