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Il n’était pas prévu que j’aille voir La chanson de l’Éléphant ce jour-là, mais ayant eu une annulation, je me suis rendue au Théâtre du Petit Montparnasse. La salle est de dimension modeste et il ne nécessite pas d’avoir une première catégorie pour bien voir, il n’y a qu’une douzaine de rangs et les banquettes sont aussi inconfortables partout.

Le résumé le voici : « Quelque part en Ontario, le docteur Lawrence, thérapeute d’un hôpital psychiatrique, a disparu. L’un de ses patients, Michael, est la dernière personne à l’avoir vu. Sans tenir compte des avertissements sibyllins de l’infirmière de garde, le docteur Greenberg, directeur de l’hôpital, s’acharne à obtenir du jeune homme, un témoignage cohérent. Mais Michael, intelligent et manipulateur, s’entête à parler d’éléphants, d’opéra, de chantage et de meurtre. Le jeune patient entraîne le docteur dans un jeu de piste pervers. La rencontre tourne à l’affrontement, et la disparition au thriller psychologique. » (Source : http://www.theatremontparnasse.com/)

Vu le thème de la pièce je l’attendais triste et sombre … mais c’est bien plus que cela. On est fasciné par le personnage de Michael auquel Jean-Baptiste Maunier prête ses traits, un jeune homme brillant, insolent et tête à claques, interné depuis trop longtemps et assoiffé d’amour. La relation qu’il noue avec le Docteur Greenberg est incroyablement dense. Il use et abuse des faiblesses de son interlocuteur le manipulant jusqu’à la fin.

Christine Bonnard est parfaite dans ce rôle d’infirmière, douce et maternelle connaissant Michael depuis trop longtemps pour être dupe de ses entourloupes.

Pierre Cassignard, lui, campe l’administrateur Irwin Greenberg, il est lui-même psychiatre, mais il a oublié comment interagir avec les patients … mais aussi avec sa femme.

Et bien sûr en filigrane le Docteur John Lawrence le « disparu » dont on comprend petit à petit les relations ambiguës qu’il avait nouées avec son jeune patient.

La fin est bouleversante et montre l’incontestable talent de Jean-Baptiste Maunier. Mais si nous avions été plus attentifs, nous aurions eu toutes les réponses dès le début.

Le décor est très sobre et j’ai apprécié ce jeu avec l’écran tantôt en guise de fenêtre tantôt en guise de cauchemar. J’ai aimé aussi qu’il y ait quelqu’un de l’autre coté des téléphones. Il y a un vrai dialogue en sourdine.

Quelques bémols néanmoins: j’ai trouvé la voix de Jean-Baptiste Maunier un peu trop forte, mais peut-être qu’elle va avec la bravade et l’insolence du personnage, en comparaison avec les voix doucereuses du personnel hospitalier ; et l’incohérence dans le costume de l’infirmière m’a fait tiquer (elle porte des chaussures à talons compensés).

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