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C’était la première fois pour moi au Théâtre des Mathurins. Le placement est libre et nous sommes dans les premiers rangs.

Le résumé le voici : Le 18 juillet 1610, sur une plage déserte non loin de Rome, Michelangelo Merisi dit Caravage meurt dans des circonstances obscures. Assassiné ? Probablement. Pourquoi ? Par qui ? On ne sait. Dans la vie et dans la mort du maître du clair obscur tout est mystérieux. Il meurt à seulement 39 ans mais laisse une œuvre imprégnée d’un réalisme brutal et d’un érotisme troublant qui bouleversera à jamais la peinture. Séduit par cette personnalité puissante et ténébreuse, Cesare Capitani, comédien et metteur en scène formé à l’école du Piccolo Teatro de Milan, est l’auteur et l’interprète d’une confession palpitante inspirée de l’ouvrage de Dominique Fernandez La Course à l’abîme (Grasset).
En écrivant ce roman qui tente de ressusciter par l’écriture la figure du peintre Caravage, je ne pensais pas voir jamais ressurgir celui-ci, sous mes yeux, en chair et en os, cheveux noirs et mine torturée, tel que je me l’étais imaginé, brûlé de désirs, violent, insoumis, possédé par l’ivresse du sacrifice et de la mort. Eh bien, c’est fait : Cesare Capitani réussit le tour de force d’incarner sur scène cet homme dévoré de passions. Il est Caravage, Moi, Caravage, c’est lui. Il prend à bras le corps le destin du peintre pour le conduire, dans la fièvre et l’impatience, jusqu’au désastre final. Dominique Fernandez

La pièce m’a fascinée et j’ai trouvé le jeu de Cesare Capitani puissant et sensuel. Il apparaît vêtu d’une chemise blanche à Jabots, ouverte sur son torse (… il fait chaud non ?) et un pantacourt ; un visage que je juge séduisant encadré par de rebelles boucles brunes, l’œil brillant et profond, une barbe de 3 jours et une peau mate dorée par le soleil. Et ce qui ne gâche rien, un léger accent italien (Soupir) … il aimante son auditoire.

Il est accompagné ce soir-là de Laetitia Favart, qui prête son physique androgyne aux hommes qui ont partagé la vie de Michelangello Merisi dit Le Caravage. Elle est vêtue d’une chemise ample pour cacher ses formes et les cheveux noués bas et cachés dans ladite chemise. Parfois elle disparaît de la pièce et, tour de force, de nos esprits, encapuchonnée dans le fond de la scène, chantant à capella (de façon remarquable).

Tout dans ce spectacle rend hommage à l’illustre peintre, celui qui introduisit le réalisme dans les peintures religieuses (martyrs, supplices), prit ses modèles parmi les prostituées, les gens du peuple ou ses amants, celui qui inventa le clair-obscur, et à qui on rend hommage jusque dans l’éclairage à la bougie créant une douce intimité et de véritables tableaux vivants.

Une des réussites de la pièce réside dans la façon dont sont mêlées la vie tumultueuse et tragique et les œuvres du Caravage … c’est comme s’il peignait sur scène. Le Figaro a écrit à ce sujet  » A La fin du spectacle, on n’a qu’une envie : courir dans un musée pour voir ou revoir ses tableaux. » Et ce n’est pas exagéré, il les décrit avec force et détail, mais on sort frustrés de ne pouvoir voir le résultat du Maître.

Un spectacle d’une stupéfiante beauté.

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