Étiquettes

,

91045-le-repas-des-fauves-2.png
Suite à de nombreuses discussions sur Twitter avec d’autres passionnés de Théâtre, je me suis enfin décidée à aller voir Le Repas des Fauves , représenté jusqu’au 20 Juillet au Théâtre Du Palais Royal ; une pièce de Vahé KATCHA mise en scène par Julien SIBRE avec Cyril AUBIN, Olivier BOUANA, Pascal CASANOVA, Cédric CHEVALME, Jochen HÄGELE, Jérémy PREVOST, Julien SIBRE, Barbara TISSIER, Caroline VICTORIA.

Je vous fais l’impasse, chers lecteurs, sur mes péripéties pour trouver le théâtre du Palais Royal, non qu’il soit difficile d’accès, mais je suis dotée d’un sens de l’orientation aussi développé qu’une endive. Je suis donc en retard … sur mon planning … c’est-à-dire là 15 mn avant le début de la représentation. J’entre dans le superbe hall ( http://theatrepalaisroyal.com/le-theatre/visite-virtuelle-a-360/visite-virtuelle-du-hall/ ) et déjà le rituel commence guichet, contrôle, ouvreur. Je suis surclassée … dans une loge … pour moi toute seule !!! (Il m’en faut peu pour être heureuse). Je passe mon temps d’attente, le nez en l’air, à admirer rêveusement la décoration et l’architecture du théâtre.

Soudain les lumières s’éteignent, les conversations cessent et un avertissement sonore retentit. Sur le style de Radio Londres, il nous rappelle les règles de courtoisie élémentaire à respecter lors d’une représentation théâtrale (Ni appareil Photo, Ni Camera et Téléphone portable sur SILENCIEUX ). Le rideau s’ouvre, la pièce commence.

Le début de la pièce est drôle et léger, le contexte politique n’est que suggéré. Puis le drame arrive véritable césure dans le ton de la pièce. Il nous est connu par la diffusion d’un court animé qui rend visible pour nous l’action, qui dehors se joue et, qui va se répercuter sur nos protagonistes. Personnellement j’ai trouvé que c’était un support inventif pour nous faire voir ce qu’en d’autres occasions, on aurait dû deviner.

L’histoire la voilà : «  1942 – Dans la France occupée, sept amis se retrouvent pour fêter l’anniversaire de leur hôte. La soirée se déroule sous les meilleurs auspices, jusqu’à ce qu’au pied de leur immeuble soient abattus deux officiers allemands. Par représailles, la Gestapo investit l’immeuble et décide de prendre deux otages par appartement. Le Commandant Kaubach, qui dirige cette opération, reconnaît, en la personne du propriétaire de l’appartement, M. Pélissier, un libraire à qui il achète régulièrement des ouvrages. Soucieux d’entretenir les rapports courtois qu’il a toujours eus avec le libraire, le Commandant Kaubach décide de ne passer prendre les otages qu’au dessert… Et mieux : il leur laisse la liberté de choisir eux-mêmes les deux otages qui l’accompagneront. C’est ainsi que peut commencer Le Repas des fauves. » Source: http://theatrepalaisroyal.com/2013/03/27/le-repas-des-fauves/#_reservations

Les dialogues sont fluides et dynamiques, on peut y voir l’habitude des comédiens qui jouent en parfaite symbiose après autant de représentations. C’est une pièce acide, vitriolée, où s’exprime joyeusement toute la bassesse et la rancœur d’une humanité déshumanisée par la guerre … Prête à tout pour survivre. C’est pourquoi les protagonistes sont des stéréotypes, facilement identifiables et différentiables ; ils représentent tous un type de français qui a vécu la guerre à sa manière.

A mon avis, deux personnages se détachent, je ne sais si c’est par le jeu des acteurs ou par leur importance dans le récit, mais ils m‘ont laissée de plus fortes impressions. Le mutilé de guerre, tant physique que mental en la personne de Pierre interprété par Jérémy Prévost qui joue avec brio la cécité. Et André, l’industriel collaborateur interprété par Pascal Casanova (rencontré lors de la #GladParty). Il est tellement veule et manipulateur que cela en est jouissif. Mais en y regardant bien, il ne fait qu’exprimer tout haut ce que les autres pensent tout bas, contrairement aux autres qui ferment les yeux ou regardent le sol, il assume sa lâcheté.

La pièce est drôle et pernicieuse. Elle est cruelle également par rapport à nous spectateurs. On entre inconsciemment dans le jeu malsain du choix des sacrifiés, on pèse le pour et le contre et notre jugement tranche…

Je ne peux que vous conseiller de venir assister au Spectacle entre « amis » …

Réservations sur le site du Théâtre sur lequel il y a des promotions exceptionnelles (et avantageuses) pour les dernières : http://theatrepalaisroyal.com/2013/03/27/le-repas-des-fauves/

Advertisements